Juin file vite quand on enseigne. Conseils de classe, derniers devoirs, bulletins à boucler. Puis le silence des grandes vacances tombe d'un coup. Pour un prof célibataire, ce basculement marque le seul vrai moment de l'année où le temps redevient disponible.
Pendant l'année scolaire, la vie sentimentale passe après les copies. Les soirées sont mangées par les préparations, les week-ends par les corrections. Difficile de répondre à un message le mardi soir quand il reste trente rédactions à noter. L'été remet les compteurs à zéro.

Les vacances d'été offrent ce que le calendrier scolaire refuse le reste de l'année : du temps long, sans réveil à six heures, sans la fatigue qui s'accumule. C'est la fenêtre idéale pour entretenir une rencontre, voir quelqu'un plusieurs fois en peu de jours, laisser une histoire prendre sans la presser entre deux conseils de classe.
Beaucoup d'enseignants le savent et reportent leurs efforts à cette période. Le risque, c'est d'attendre septembre et de retomber aussitôt dans la course. Autant amorcer maintenant, pendant que la tête est libre.
Le rythme d'un prof intrigue ou rebute. Les vacances qui font envie, les soirées occupées qui surprennent, l'autorité qu'on traîne parfois jusque dans le privé. Avec quelqu'un qui partage le même quotidien, ces explications deviennent inutiles. On se comprend sans préambule.
C'est tout l'intérêt d'un site qui réunit des profils d'enseignants et de gens à l'aise avec ce rythme. Le profil se crée en deux minutes, et l'on évite les conversations qui s'éteignent dès qu'on évoque les douze semaines de congés.
L'été enseignant est court à l'échelle d'une vie sentimentale, mais généreux comparé au reste de l'année. Deux mois pour rencontrer sans la pression du lundi matin, ça ne se représente qu'une fois par an. La rentrée arrive toujours plus tôt qu'on ne croit.
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